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Abeille
Les abeilles sont des insectes qui forment la des apoïdés (Apoidea), dans l' des hyménoptères. Les abeilles adultes se nourrissent généralement de nectar et sont d'importants agents de pollinisation. Leurs pièces buccales sont de type suceur. Leur langue se replie dans leur bouche. Les femelles de la majorité des espèces possèdent un aiguillon venimeux (qui est en fait dérivé de l'ovipositeur) sur leur abdomen qui a une très grande mobilité. Ces insectes sont habituellement revêtus d’un duvet pouvant ressembler à du poil.
Contrairement à beaucoup d'insectes, les abeilles femelles s'occupent à divers degrés de leur progéniture. Cela va de la simple fourniture d'une réserve de nourriture (généralement un mélange de nectar et de pollen) à la défense du couvain par les ouvrières. Certaines espèces sont toutefois cleptoparasites et nourrissent leurs larves aux dépens d'autres espèces.
Il existe plus de 16 000 espèces d'abeilles décrites (les opinions varient quant au nombre réel, certains disent 20 000, d'autres l'estiment à 30 000). Bien que l'espèce d'abeille la mieux connue, l'abeille à miel (Apis mellifera), soit une espèce sociale, la plupart des abeilles (plus de 80 %) sont solitaires.
Classification
Familles
- Andrenidae - abeilles fouisseuses (= abeilles des sables)
- Apidae - abeilles à miel, bourdons, abeilles charpentières
- Colletidae
- Ctenoplectridae
- Halictidae
- Megachilidae - abeilles maçonnes et coupeuses de feuilles
- Melittidae
- Stenotritidae
Note: certains auteurs rangent les abeilles dans la des apidés (Apidea) plutôt que dans la des apoïdés (Apoidea), les familles discutées ici ayant alors le rang de s.
L'apiculture consiste à l'élevage des abeilles, elle est pratiquée par les apiculteurs (latin apis, abeille).
- L'abeille dans tous ses états :
latin apis / français abeille/ portugais abelha / espagnol abeja /catalan abella/ italien ape/ roumain albină/anglais bee/ allemand Biene/ néerlandais bij/ islandais bý/ norvégien bì/ danois bi/ suédois bi/ grec μέλισσα/ albanais bletë/ russe пчела/ ukrainien бджола/ biélorusse пчала/ polonais pszczoła/ tchèque včela/ slovaque včela/ serbe пчела/ croate pčèla/ slovène čebela / bulgare пчела/letton bite / lithuanien bitė / breton gwenan / gallois gwenyn/ irlandais beach/ ossète мыдыбындз / tadjik занбур / hindi मधुमक्खी = madhumakkhI / finnois mehiläinen/ estonien mesilane/ hongrois méh / arabe نَحْلَة = nahla / hébreu דְּבוֹרָה = dvorah / turc arı/ mongol зeгий / japonais 蜂 (はち) hachi / chinois 蜂 = feng1 / coréen 꿀벌 kkul-bôl /
Comportement
Le langage des abeilles a été étudié par l'éthologue Karl von Frisch.
Voir aussi
Liens internes
- Abeille à miel
- Apiculture
- Miel
- Ruche
Liens externes
- [http://www.infovisual.info/02/041_fr.html Voir un schéma détaillé de la morphologie d'une abeille]
Catégorie:Apocrita
Catégorie:Hyménoptère (noms vernaculaires)
ja:ハチ
ko:벌
ms:Lebah
simple:Bee
Insecte
Les insectes forment une classe d'invertébrés de l'embranchement des Arthropodes. Les insectes sont les animaux les plus nombreux sur terre, ils représentent 80% des espèces animales.
Cette classe est subdivisée en deux sous-classes :
- les aptérygotes qui se caractérisent par l'absence d'ailes ;
- les ptérygotes.
Leur corps est composé de trois parties : tête, thorax, abdomen et se caractérise par la présence de trois paires de pattes, deux paires d'ailes (chez les ptérygotes seulement) et d'une paire d'antennes (six pattes, quatre ailes et deux antennes).
On remarquera ainsi que les araignées ne sont pas des insectes, mais des arachnides.
Cette description morphologique est une généralité, l'évolution ayant fait que par spécialisation, certains éléments peuvent être atrophiés.
Classification
La classification des insectes a été proposée par Linné au XVIIIe siècle sur la base de critères morphologiques. Avec l'apparition de la génétique, Minet et Bourgoin ont proposé une nouvelle classification phylogénétique qui n'est pas entièrement adoptée et fait l'objet d'une révision continue (toutes les analyses génétiques n'ont pas encore été faites, pour plus d'informations sur la classification lire l'article sur la systématique). La classification ci-contre essaye de tenir compte de cette nouvelle classification.
Anatomie et physiologie
systématique C- Abdomen
1. antennes •
2. ' ocelli low ' •
3. ' ocelli hight ' •
4. œil composite •
5. cerveau (ganglion cérébral) •
6. ' prothorax ' •
7. artère dorsale •
8. ' tracheal tubes (trunk with spiracle) ' •
9. ' mesothorax ' •
10. ' metathorax ' •
11. première paire d'ailes •
12. seconde paire d'ailes •
13. ' mid-gut (stomach) ' •
14. cœur •
15. ovaire •
16. ' hind-gut (intestine, rectum & anus) ' •
17. anus •
18. vagin •
19. chaîne ganglionnaire ventrale •
20. tubes de Malpighi •
21. ' pillow ' •
22. ' claws ' •
23. tarse •
24. tibia •
25. femur •
26. ' trochanter ' •
27. ' fore-gut (crop, gizzard) ' •
28. ganglion thoracique •
29. ' coxa ' •
30. glande salivaire •
31. ganglion sous-oesophagien •
32. pièces buccales
- en italique : à finir de traduire
]]
Les insectes sont recouverts d'une cuticule chitineuse comme tout les arthropodes. Il s'agit d'un exosquelette qui leur permet de limiter les pertes d'eau en milieu aérien.
Les insectes respirent grâce à des invaginations du tégument appelées trachées qui constituent un réseau apportant l'oxygène directement aux cellules. L'appareil circulatoire n'a donc pas ou peu de rôle pour la respiration (à quelques exceptions près comme les larves de chironome — diptère vivant dans des milieux très faiblement oxygénés — qui possèdent de l'hémoglobine).
Le milieu intérieur est constitué d'hémolymphe qui est mis en mouvement par des vaisseaux contractiles dorsaux et les mouvements musculaires généraux de l'insecte. L'appareil circulatoire est ouvert, à faible pression.
L'appareil digestif est constitué d'un intestin en trois parties : stomodeum (intestin antérieur), mésentéron (intestin moyen) et proctodeum (intestin postérieur). Stomodeum et proctodeum sont recouverts de cuticule puisqu'ils sont issus d'invaginations du tégument.
Le régime alimentaire des insectes est très variable : herbivore (chenilles, criquet), coprophage (bousier), prédateurs (libellules), nécrophages, nectarivore (papillons), suceurs de sèves (pucerons) ou de sang (moustiques femelles). Certains insectes (xylophages)peuvent se nourrir de bois (termites). Certains insectes peuvent changer de régime alimentaire au cours de leur vie (chenilles mangeuses de feuilles et papillons adultes nectarivores). Les appendices buccaux sont très variables chez les insectes et liés à leur alimentation (appendices de type broyeur (criquet), suceur avec trompe dévaginable par afflux d'hémolymphe (papillon adulte), piqueur-suceur (moustique), lécheur-suceur (abeille)...)
Le système nerveux central est constitué d'une chaîne ganglionnaire ventrale. À l'avant les ganglions migrent dorsalement et fusionnent pour former un cerveau. Les ganglions suivants ventraux fusionnent pour former un ganglion sous-oesophagien qui innervent les pièces buccales.
Le développement et la croissance sont contrôlés par une hormone stéroïde, l'ecdysone, et ses dérivés comme l'hydroxyecdysone. Elle est produite dans des glandes prothoraciques et induit la mue. Une autre hormone, l'hormone juvénile, un dérivé terpénique, inhibe la métamorphose et contrôle la reproduction. Elle est produite dans les corpora allata, des organes endocrines près de l'oesophage. On distingue les insectes à développement progressif (amétaboles et hémimétaboles), chez lesquels les stades immatures et matures ont des modes de vie comparables, des insectes à métamorphose complète (holométaboles) dont les stades larvaires sont très différents des adultes (chenille et papillon par exemple).
Liens externes
- [http://insectopedia.olistep.net Une encyclopédie visuelle des insectes de France]
- [http://www.tela-insecta.org Tela Insecta, réseau d'entomologistes francophones]
- [http://www.aeet.ups-tlse.fr/insectes/insectes.html Pages insectes de l'Association des étudiants entomologistes de Toulouse]
- [http://www.insecte.org/ Le monde des insectes]
- [http://www.galerie-insecte.org/ la galerie d'insectes]
- [http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes Office pour les insectes et leur environnement (OPIE)]
- [http://arthropa.free.fr/ Un site sur l'univers des insectes]
- [http://www.infovisual.info/02/038_fr.html Voir un schéma détaillé de la morphologie d'un insecte volant]
- [http://membres.lycos.fr/microcox/ les insectes sur la toile]
Catégorie:Entomologie
Catégorie:Protection des cultures
Catégorie:Insecte
ja:昆虫類
ko:곤충
ms:Serangga
simple:Insect
th:แมลง
Abeille à miel
L'abeille à miel (Apis mellifera), seule espèce du genre Apis, que l'on désigne plus simplement sous le terme d'abeille, est une espèce sociale d'insectes de la famille des Apidés ou Apidae. Certains auteurs en font une sous-famille et les appellent alors Apinae.
Apis mellifera est l'une des espèces d'abeilles élevées par l'homme pour la production de miel un peu partout dans le monde. C'est une espèce plutôt calme dont on peut prélever sans danger une partie de la production. Il existe des abeilles sauvages dont on ne peut prélever le miel sans tuer la colonie.
Morphologie de l'abeille à miel
Comme tous les insectes, le corps de l'abeille est divisé en trois :
- la tête qui porte :
- deux grands yeux latéraux composés (4 000 facettes).
- trois yeux simples ou ocelles.
- deux antennes coudées comportant douze articles poilus.
- un appareil buccal à la fois lécheur (possédant une langue) et suceur (formant un canal aspirateur).
- le thorax formé de trois anneaux fusionnés,
- portant chacun une paire de pattes. Les six pattes de l’abeille se terminent par deux crochets, ainsi qu’un organe adhésif leur permettant de prendre prise sur de nombreux types de surfaces. L’abeille utilise également une sorte de peigne, composé de poils rigides sur ses deux pattes avant, pour nettoyer ses antennes. Ce nettoyage s’effectue lorsqu’elle y glisse ses antennes et relève la tête. Les postérieures sont particulièrement adaptées à la récolte (brosse et peigne) et au transport (corbeille) du pollen.
- sur lesquels s'attachent deux paires d'ailes membraneuses à nervures peu nombreuses. (pendant le vol les postérieures, plus petites, sont reliées aux antérieures par une vingtaine de crochets chitineux, ce qui les rend solidaires).
- sur lesquels s'ouvre une paire de petits orifices pour la respiration : les stigmates servant à l'inspiration.
- l'abdomen formé de sept segments dont six sont apparents et composés de plaques rigides, une dorsale et une ventrale reliées latéralement par une fine lame chitineuse souple. Une lame du même type relie les segments successifs.
- Les segments 1 à 6 montrent des stigmates servant à l'expiration.
- Les segments 3 à 6 ont sous leurs plaques ventrales des glandes cirières.
- Chez les femelles, l'abdomen présente à son extrémité un aiguillon venimeux (le dard).
Organisation sociale d'une colonie
L'abeille à miel est une espèce sociale. À l'état sauvage, les colonies s'installent dans des cavités naturelles qu'elles aménagent en construisant des rayons verticaux de cire formés de deux couches d'alvéoles hexagonales. Une colonie peut abriter jusqu'à 50 000 individus. Elle est constituée d'une reine, d'ouvrières et de faux-bourdons.
La reine est le seul individu femelle fertile de la colonie. Elle a été élevée dans une cellule spéciale plus vaste et ronde (et non hexagonale comme celle des ouvrières) et avec un régime alimentaire différent (exclusivement de la gelée royale, un produit que les nourrices sécrètent pour les larves ; mais les larves d'ouvrières n'en auront que durant quelques jours et recevront également du miel ; la future reine n'aura que cette gelée royale). Elle est la mère de toutes les autres abeilles. Elle s'est accouplée au cours d'un vol nuptial avec plusieurs mâles. Les spermatozoïdes mis en réserve dans une sorte de poche restent vivants pendant plusieurs années et servent à féconder les ovules pendant toute la durée de la vie de la reine. Il ne peut pas coexister durablement plusieurs reines au sein d'une même colonie.
Les ouvrières
Ce sont les individus les plus nombreux de la colonie (plus de 40 000 en général) et ce sont des femelles stériles dont le fonctionnement ovarien est bloqué. Une reine peut vivre jusqu'à cinq ans tandis qu'une ouvrière d'hiver vit quelques mois et une ouvrière d'été quelques semaines seulement.
Les faux-bourdons
Les mâles, appelés aussi faux-bourdons ou encore abeillauds, sont plus volumineux que les femelles et ne peuvent butiner ou transporter du pollen. On en compte environ 2 500 par colonie, ils proviennent du développement d'ovules non fécondés. Ils ne sortent habituellement que pour la période de reproduction. Il arrive que l'on observe jusqu'à vingt-cinq mille abeilles mâles rassemblées pour se disputer une reine qui aura une douzaine d'accouplement se terminant par l'éclatement du mâle, ses parties génitales se détachent avec un violent craquement.
L'organisation de la vie de la colonie
Le rôle de la reine
Dans une cavité naturelle ou dans une ruche, toute la vie de la colonie s'articule autour de la reine. Une colonie sans reine est condamnée à disparaître, cependant, une reine seule ne peut rien, car elle est incapable d'assurer l'élevage des larves. Par sa présence, la reine empêche le comportement de construction d'alvéoles royales et bloque le fonctionnement ovarien des ouvrières. Dans le cas de la mort d'une reine, les ouvrières, dont les phéromones de la reine empêchaient jusque-là le développement de l'utérus (« castration chimique »), vont pouvoir commencer à pondre ; mais ce sont des femelles non fécondées et leurs œufs ne donneront que des mâles (c'est un cas particulier de parthénogenèse). On aura donc une ruche « bourdonneuse » qui finira par mourir en l'absence de nouvelle reine.
La vie des ouvrières
À l'intérieur d'une colonie, il y a division du travail et ces différentes activités sont effectuées par des ouvrières d'âges différents. Au cours de sa vie, une ouvrière change de tâche. En été, la vie d'une ouvrière est brève (5 à 6 semaines) et elle occupe les postes suivants au cours de sa vie :
- nettoyeuse : 24 heures après sa naissance (mue imaginale), elle nettoie les alvéoles libérées à la suite des éclosions.
- nourrice : à partir du 4 jour, elle nourrit les larves âgées ; au 6 jour, elle nourrit les larves jeunes avec la gelée royale qu'elle est capable de régurgiter.
- travailleuse d'intérieur : du 10 au 18 jour, l'ouvrière s'occupe indifféremment :
- de la mise en réserve des récoltes (pollen et nectar), elle est magasinière,
- de la ventilation de la colonie, elle est ventileuse et contribue à l'évaporation de l'eau contenue dans le nectar qui se transforme en miel
- de l'operculation des alvéoles,
- de l'entretien : nettoyage, rejet à l'extérieur des corps étrangers, des individus morts et mal formés, calfeutrage des fentes avec de la résine récoltée sur certains bourgeons : la propolis. Pendant cette période, les jeunes ouvrières apprennent à s'orienter à l'extérieur et à retrouver leur colonie.
- cirière : les glandes situées sous l'abdomen peuvent sécréter de la cire à partir du 18 jour. La cire apparait sous forme de petites plaques entre les quatre derniers segments de l'abdomen. Les ouvrières cirières la malaxent à l'aide de leurs mandibules et travaillent alors en groupe à l'édification des nouvelles alvéoles.
- gardienne et rappeleuse : c'est aussi vers le 18 jour que l'ouvrière devient capable de défendre l'entrée de la colonie ou bien d'assurer l'expulsion des mâles devenus inutiles. C'est à ce moment qu'elle peut en relevant son abdomen et en battant des ailes, émettre des odeurs (grâce aux glandes de Nassanov) qui assurent l'orientation des plus jeunes ouvrières, elle assure alors la fonction de rappeleuse. Ce sont également des ouvrières âgées de trois semaines qui soignent et nourrissent la reine.
larve
- butineuse : à partir du 20 jour et jusqu'à sa mort, l'ouvrière participe à la récolte du nectar et du pollen. Elle visite les fleurs, suce le nectar qu'elle transporte dans son jabot avant de le régurgiter. Dans le jabot, le nectar subit un début de digestion qui contribue à le transformer en miel. Il faut butiner environ 80 000 fleurs pour obtenir un litre de miel. Suivant les besoins, elle récolte aussi du pollen. Avec ses mandibules, elle broie alors les anthères des étamines puis, grâce à l'adaptation de ses pattes postérieures, avec ses brosses, elle rassemble les grains de pollen en une grosse pelote qu'elle place dans la corbeille où de longs poils la maintiennent. À son retour, la butineuse dépose elle-même sa récolte ou la confie à une magasinière. C'est aussi à son retour qu'elle indique à ses compagnes, par des danses, la distance et la direction de sa zone de récolte. D'autre part, l'odeur dont l'abeille est imprégnée renseigne les autres sur l'espèce des fleurs butinées.
Une observation attentive d'une colonie montre cependant qu'en temps normal un grand nombre d'abeilles ne font rien de spécial, comme une main d'œuvre en réserve procurant à la colonie une faculté d'adaptation.
Régulation et communication dans la colonie
Deux modes de communication principaux existent chez les abeilles. L'un à base de phéromones entre la reine et les ouvrières assure la cohésion de la colonie, l'autre à base de contacts antennaires et de danses permet aux ouvrières de s'informer sur les sources de nourriture.
La communication entre la reine et les ouvrières
Il s'agit d'une communication chimique qui assure la cohésion de la structure familiale de la colonie. La reine émet des phéromones royales qui sont transmises à toutes les ouvrières par l'intermédiaire des contacts d'antennes ou par les échanges de nourriture. Celles-ci régulent le comportement des ouvrières et bloquent leur fonction ovarienne.
Au moment de l'essaimage, la reine ne produit pas suffisamment de phéromones au regard du nombre d'ouvrières. Certaines se mettent à construire quelques alvéoles royales (plus grandes) et vont nourrir la larve uniquement à base de gelée royale, ce qui provoque le développement d'une ou plusieurs jeunes reines. La première éclose tue les autres larves en développement. Si deux reines éclosent en même temps, elles se combattent à mort. La survivante entreprend quelques jours plus tard son vol nuptial, se fait féconder par les faux bourdons. C'est en général la vieille reine qui quitte la colonie avec une partie des ouvrières en formant un essaim.
Les échanges d'information entre ouvrières
Les contacts d'antennes et des déplacements appelés « danses » jouent un grand rôle dans la communication entre ouvrières au sein d'une colonie et leur permettent d'exploiter au mieux les ressources en nourriture de leur environnement. La découverte de nourriture est d'abord le fait de quelques butineuses. Une butineuse qui a trouvé une source de nourriture intéressante est capable, à son retour, d'informer d'autres abeilles sur la nature et la localisation de sa découverte. Cette transmission d'informations élaborées sur le milieu est l'une des caractéristiques remarquables de la vie sociale des abeilles à miel.
les contacts antennaires
C'est au cours des échanges de nourriture qu'interviennent principalement les contacts antennaires. Le nectar collecté par une butineuse est stocké dans son jabot. Une fois rentrée à la colonie, une butineuse est capable de régurgiter son nectar et de le transmettre à une autre abeille, c'est la trophallaxie. Ces échanges sont très fréquents. L'abeille solliciteuse déplace l'une de ses antennes entre les mandibules de la donneuse, puis étend sa langue. La donneuse répond à la sollicitation par des mouvements d'antennes bien précis et régurgite des gouttes de nectar. Par d'autres mouvements d'antennes, elle indique la fin de l'échange.
la danse des abeilles
C'est à Karl von Frisch (1886 - 1982), dans son ouvrage Vie et mœurs des abeilles, que l'on doit la description et la compréhension des « danses » des abeilles.
Aux autres ouvrières restées dans la colonie, l'abeille découvreuse indique la direction des fleurs particulièrement intéressantes à butiner par des danses. Selon la proximité de la source de nourriture, elle effectue deux types de rondes différents.
Elle émet également avec ses ailes un son particulier et transmet l'odeur du nectar. Les réceptrices restent en contact avec la danseuse. Ces danses exécutées sur les rayons d'alvéoles sont d'autant plus vives et de longue durée que le nectar est abondant et riche en sucre. Alertées, les abeilles jusque-là inactives s'envolent à la recherche de la nourriture.
Lorsque l'exploratrice effectue une danse en rond, cela indique que la source de nectar est proche (dans un rayon d'environ 40 m). La découvreuse décrit un cercle en tournant sur elle-même à un rythme très rapide (8 à 10 tours en 15 secondes) puis fait un demi-cercle en sens inverse. Les autres abeilles qui suivent la danseuse en la palpant avec leurs antennes détectent le parfum de la source de nectar dont son corps est imprégné et quittent alors la colonie à la recherche de la source de nourriture, guidées par l'odeur des fleurs à exploiter.
Une danse frétillante indique une ressource en nourriture située à plus longue distance. L'abeille découvreuse décrit une courte ligne droite puis un demi-cercle pour revenir à son point de départ, parcourt à nouveau le diamètre, effectue un nouveau demi-cercle mais de l'autre côté et recommence. Pendant les trajets en ligne droite, le corps de la danseuse est porté en avant, les pattes fermement en contact avec le support et elle frétille rapidement à la manière d'un pendule. En suivant la danseuses, les autres abeilles reconnaissent l'odeur de l'espèce de fleur à explorer, mais obtiennent aussi des informations sur la direction de la ressource et sa distance par rapport à la colonie. La danse frétillante est d'autant plus rapide que la source de nourriture est proche et l'angle formé entre la verticale et l'axe de la danse rectiligne est le même que celui formé entre la direction du soleil et celle de la nourriture. Au fur et à mesure que le soleil tourne, la danseuse modifie l'angle de sa danse.
Ces découvertes de Karl von Frisch ont pu être confirmées en 1986 à l'aide d'un robot miniature capable d'exécuter cette danse des abeilles.
Grâce à ces mécanismes de communication, les colonies peuvent s'adapter et trouver efficacement les sources de nourriture disponibles. L'intensité plus ou moins grande des danses renseigne sur les plantes qui cessent d'être productives et sur celles qui le deviennent.
Maladies et ennemis des abeilles à miel
De nombreux prédateurs et maladies peuvent affecter les abeilles à miel.
- les maladies :
- L'ascosphérose est une mycose encore appelée maladie du couvain plâtré ou couvain calcifié. Ascosphaera apis fait périr les larves qui se momifient et deviennent dures et cassantes tout en ayant conservé leur forme.
- La loque américaine est causée par un bacille (Paenibacillus larvae, [http://www.bacterio.cict.fr/bacdico/pp/paenibacillus.html]) qui infecte les larves. le couvain présente un aspect irrégulier, dit en mosaïque, et dégage une odeur caractéristique de colle forte. Elle est aussi appelée loque gluante ou pourriture du couvain.
- La loque européenne ou loque bénigne est également causée par une bactérie (Streptococcus pluton,[http://www.bacterio.cict.fr/bacdico/mm/melissococcus.html]).
- La nosémose est causée par un protozoaire (Nosema apis) qui parasite les abeilles adultes.
- L'acariose est provoquée par un acarien (Acarapis woodi) qui se nourrit de l'hémolymphe de l'abeille et se localise dans les trachées thoraciques empêchant l'abeille de voler.
- La varroase est provoquée par un autre acarien externe (Varroa jacobsoni) qui parasite les larves et les adultes.
- En France, les loques, la nosémose, l'acariose et la varroase sont des maladies dites légalement contagieuses, soumises à des prescriptions légales sous le contrôle des services vétérinaires.
- Les virus :
On ne connaît pas le nombre exact de virus chez l'abeille mais 20 ont été découvert. Certains mutent même en fonction de la zone géographique ou ils se trouvent.
- Le plus connu est celui du couvain sacciforme, appelé Sacbrood Bee Virus (SBV). Il se caractérise en infectant les larves d'abeilles qui sont ensuite enlevées par les abeilles provocant ainsi ce couvain « à trous ». On retrouve ce virus également chez l'abeille adulte principalement en présence de varroas.
- Si on le retrouve également dans des colonies saines, le Virus du Cachemir (KBV) est particulièrement virulent chez A. cerana en présence de varroas provoquant même des épidémies importantes. Ce virus ressemble très fort au virus de la paralysie aigue.
- Virus très connu également, le virus de la paralysie aiguë (ABPV) et présent chez l'abeille adulte de façon inapparente mais semble provoquer des mortalités importantes également en présence de varroas.
- Le Slow Paralysis Virus (SPV) a une même pathologie qu' ABPV
- Le virus dont ont parle le plus en ce moment est le virus des ailes déformées (DWV) qui est fortement liée à la présence de Varroa. Les symptômes typiques des abeilles naissantes avec des ailes déformées apparaissent lorsque les larves ont été touchées par le Varroa.
- Le Black Queen Cell Virus (BQCV) provoque la mort des larves de reines avec noircissement des cellules. Si des adultes sont parasitées par Nosema apis, le BQCV raccourcit leur durée de vie.
- En absence généralement de nourriture, Le virus de la paralysie chronique (CBPV) peut apparaître. Celui-ci n'est autre que l'agent de la « maladie noire ou mal de mai ». Caractérisé à l'entrée de la ruche par des abeilles noires, sans poils et tremblantes, incapables de voler et aux ailes écartées.
Moins connu comme virus, on trouve aussi :
- Virus de l'abeille de l'Arkansas (ArkBV), Responsable de la mort d'abeilles âgées de 15 à 25 jours.
- Virus X de l'abeille (BVX), localisé dans le tube digestif qui provoque des mortalités hivernales.
- Virus Y de l'abeille (BVY), est associé au printemps à la nosémose.
- Cloudy Wing Virus (CWV) ou Virus des ailes opaques, se développe dans les trachées et les muscles thoraciques provoquant ainsi l'opacité des membranes alaires. Il est un des virus les plus communs des pays nordiques.
- Egypt Bee Virus (EBV) ou Virus égyptien (au Japon on parle de JEBV), provoque la mortalité du couvain juste avant la nymphose.
- Virus filamenteux de l'abeille (FBV), peut donner un aspect laiteux à l'hémolymphe lorsque il y a mortalité hivernale due à Nosema apis.
- les prédateurs :
- en hiver, des rongeurs comme les lérots pénètrent dans les ruches et détruisent les rayons.
- les lézards, les oiseaux insectivores (hirondelles, guépiers, bondrées apivores), les araignées ou d'autres insectes comme les guêpes ou les frelons capturent les butineuses.
- Les cétoines, à partir de mai, s'introduisent dans les ruches et dévorent la cire et le miel en creusant des rigoles sinueuses dans les rayons.
- Le sphinx tête de mort (Acherontia atropos), un gros papillon nocturne, en plein été, pénètre dans les ruches et se nourrit de miel.
- Les chenilles des fausses teignes rongent la cire, se nourrissent du couvain et même du bois de la ruche.
- les insecticides, qui peuvent causer :
- des intoxications aiguës, provoquant des mortalités massives, en particulier si l'insecticide est employé en présence de pollinisateurs. En France, les restrictions d'emploi des produits phytosanitaires dans ce domaine sont précisées par l'arrêté du 28 novembre 2003 relatif aux conditions d'utilisation des insecticides et acaricides à usage agricole en vue de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs.
- des effets sublétaux.
Sur ce dernier point, un lien est soupçonné en France entre l'emploi d'imidaclopride et de fipronil, qui sont les substances actives respectivement du Gaucho et du Régent, employés comme insecticides systémiques en traitement de semences, et des mortalités et désorientations de butineuses observées ces dernières années. La démonstration de ce lien fait débat entre les associations d'apiculteurs, les semenciers, les firmes phytosanitaires, les services de l'État et la justice.
Concernant les produits à base de fipronil, il a été décidé en France :
- Le retrait des autorisations provisoires de vente pour tous leurs usages des produits REGENT TS et REGENT 5 GR.
- La suspension des autorisations de mise sur le marché des produits SCHUSS, JUMPER, METIS, TEXAS, ZOOM pour tous leurs usages, jusqu’à ce que la décision communautaire relative à l’inscription de la substance active fipronil intervienne.
- Pour les semences traitées avec les produits REGENT TS, JUMPER, METIS, TEXAS, ZOOM : la distribution et l'utilisation sont interdites depuis le 1 avril 2004
Concernant les produits à base d'imidaclopride, il a été décidé en France :
- Pour le GAUCHO (imidaclopride) : l'utilisation des semences de maïs traitées est interdite depuis le 1 juillet 2004 (avis au Journal officiel du 2 juin 2004). De plus, l'autorisation d'emploi du GAUCHO pour le traitements de semences de tournesol est suspendue depuis 1999.
- Pour le CONFIDOR (imidaclopride): la vente et l'utilisation sont interdites depuis le 1 juillet 2004 pour les usages sur pommier, poirier et melon (avis au Journal officiel du 4 mai 2004).
Place des abeilles dans l'écosystème
Consommatrice de pollen et de nectar les abeilles participent au transport du pollen des fleurs qu'elles visitent et assurent ainsi la pollinisation de nombreuses espèces de plantes à fleurs sauvages ou cultivées. Elles sont particulièrement utiles dans les vergers ou même parfois pour assurer la pollinisation dans des cultures sous serres. Étant des insectes, elles sont parfois sensibles aux traitements phytosanitaires utilisés pour lutter contre certains ravageurs. À ce titre, leur bonne ou mauvaise santé peut être considérée comme un bon témoin de la qualité des pratiques agricoles et de leurs conséquences sur le milieu naturel.
Voir aussi
Apiculture
Catégorie:Hyménoptère (noms vernaculaires)
Catégorie:Animal domestique
Catégorie:Apocrita
Catégorie:Apiculture
Apidae
Cette famille dont les représentants sont appelés abeilles sociales, comprend un genre :
- Triepeolus Robertson, 1901
et trois sous-familles :
- Apinae
- Nomadinae
- Xylocopinae
Liste alphabétique des genres d'Apidés
Catégorie:Apocrita
Abeille charpentière catégorie:Hyménoptère (noms vernaculaires) Catégorie:Apidé
L'abeille charpentière (Xylocopa violacea) est avec le frelon l'un des plus grands hyménoptères d'Europe (2,5 à 3 cm de long).
C'est une abeille solitaire qui creuse son nid à l'aide de ses mandibules dans du vieux bois en réalisant plusieurs galeries parallèles débouchant sur une ouverture unique.
Liens externes
- [http://perso.wanadoo.fr/insectes.net/xylocope/xylocop2.htm Les pages entomologiques d' André Lequet]
ApicultureL'apiculture, branche de l’agriculture, est l’élevage d’abeilles par l’homme pour exploiter les produits de la ruche. L’apiculteur doit procurer à l’abeille un abri, des soins et veiller sur son environnement, et il récolte une partie mesurée de ces produits : miel, pollen, cire, gelée royale et propolis.
Pratiquée sur tous les continents, cette activité diffère selon les variétés d’abeilles, le climat et le niveau de développement économique. C’est une activité où se mêlent les méthodes ancestrales comme l’enfumage, et les méthodes modernes comme l’insémination artificielle ou l’étude du trajet des abeilles équipées de microréflecteurs radar.
Histoire
climat
L’homme élève des abeilles depuis environ 12 000 ans. À cette époque, l’homme pratiquait la cueillette comme l’atteste la peinture rupestre trouvée à la « cueva de la Araña » (grotte de l’Araignée, 6000 ans) près de Valence en Espagne. On y voit un homme suspendu à des lianes, portant un panier pour recueillir sa récolte, la main plongée dans un tronc d’arbre à la recherche de rayons de miel. On ne sait pas exactement quand la domestication de l’abeille a eu lieu. L’apiculture était cependant courante dans le Haut-Empire égyptien 2400 ans avant J.-C. Des représentations ont été mises au jour dans le temple du roi Ne-Ouser-Rê à Abou-Gourab (Égypte antique), où l’on voit des scènes montrant l’extraction et la conservation du miel.
La première ruche fut sans doute issue du prélèvement d’un tronc d’arbre creux contenant un essaim. Plus tard, avec la maîtrise des techniques d’enruchage, apparaissent les premières fabrications de ruches artificielles, sans doute faites de troncs creusés ou d’écorce de liège. Les ruches en planches apparaissent dès l’Antiquité ; Pline l'Ancien décrit avec précision certains modèles.
Les ruches tressées existent depuis l’Antiquité. Elles furent d’abord faites de baguettes de bois entrecroisées, étanchées avec un mélange de bouse de vache et de cendres. Les ruches en paille tressée, plus tardives, sont mentionnées pour la première fois dans une ordonnance de Charlemagne datée de 799, le Capitulaire De Villis. La récolte dans ces ruches était pratiquée par étouffage total ou partiel de l’essaim, ou encore par la taille de rayons, cela conduisait à leur mort ou leur affaiblissement.
L’invention de la hausse remédie à ces inconvénients. En 1772, Jonas de Gelieu décrit la première ruche à hausse fonctionnelle dans sa Nouvelle méthode pour former les essaims artificiels. L’entrée dans l’apiculture moderne se fait avec l’invention du cadre mobile mis au point en 1844 par Debeauvoys.
L’art de l’apiculture
La conduite d’une colonie consiste principalement à veiller à l’état de la « démographie » des ruches.
Une colonie d’abeilles se compose d’une reine unique, de nombreuses ouvrières (femelles), de faux bourdons (mâles) et de couvain (oeufs + larves + nymphes). Une ruche contient une colonie.
Pour se reproduire et survivre, une colonie d’abeilles cherche à accumuler un maximum de provisions pendant la saison favorable afin de pouvoir passer l’hiver. La population de la colonie varie suivant les saisons. Elle est importante pendant les périodes où les ressources sont abondantes dans la nature (30 000 à 70 000 individus) afin de faire le plus de récolte possible. Elle est minimale l’hiver (6 000 individus) afin de réduire la consommation de provisions au minimum nécessaire. Cependant, elle ne doit pas être trop faible, car c’est elle qui devra relancer la colonie au printemps.
La ruche
larve
C’est l’unité de vie construite par l’apiculteur pour recevoir une colonie d’abeilles. Un ensemble de ruches forme un rucher.
Aux XIX et s, la recherche d’une apiculture rationnelle et l’approche scientifique de l’apiculture ont conduit à la mise au point des ruches modernes, qui se caractérisent par l’adoption de rayons mobiles, de dimensions précises et standardisées.
Les rayons mobiles permettent d'intervenir dans la ruche sans la détruire. Construits par les abeilles, un à un, ils peuvent être facilement extraits et remis en place. Ils sont soit bâtis dans des cadres préparés par l'apiculteur, soit suspendus à des barres ou barrettes sur lesquelles l'apiculteur a placé des amorces de rayons.
Il existe deux grandes familles de ruches :
- celles qui s'agrandissent par empilement vertical d'éléments standards, dites ruches divisibles
- celles qui s'agrandissent par ajout de cadres latéralement à ceux déjà en place. Ce sont les ruches horizontales.
Les dimensions des ruches verticales varient en fonction du nombre d'éléments empilés, les horizontales ont toujours le même aspect extérieur. Elles ont assez de place à l'intérieur pour accueillir des rayons supplémentaires lors de l'agrandissement de la colonie.
Les ruches portent souvent le nom de leurs inventeurs. Les ruches verticales à cadre les plus courantes en France sont les ruches Dadant, Langstroth et Voirnot. Les ruches Warre et Climatstable sont divisibles et à barrettes, leur conduite originale les destine à l’apiculture écologique.
Parmi les ruches horizontales à cadre, il faut citer la ruche mise au point par De Layens et perfectionnées par Jean Hurpin. Actuellement, la ruche à barres Top-Bar, adaptée aux régions chaudes et de faible coût, suscite un vif intérêt, autant dans les pays en voie de développement que dans les plus développés.
Jean Hurpin
La ruche divisible type se compose d’un empilement de caisses ouvertes au-dessus et au-dessous.
Cet empilement repose sur un plancher débordant sur un côté formant un balcon, appelé planche de vol. C’est de là que les abeilles sortent de la ruche et y entrent. La première caisse porte le nom de corps de ruche. C’est le domaine privé des abeilles. Tout ce qui est entreposé dans le corps appartient aux abeilles, il contient assez de provisions pour qu’une colonie d’abeilles passe l’hiver. Les caisses suivantes sont des hausses, c’est le domaine de l’apiculteur, d’où il tire le miel. Le tout est recouvert d’un couvercle dit couvre-cadre et, pour finir, d’un toit. Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement, dans lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons. Ces cadres sont mobiles, l’apiculteur pourra les sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les changer de ruche, vérifier l’état de la colonie... Les différents modèles de ruches se distinguent par leurs dimensions et le nombre de cadres.
L’abeille
L’apiculture concerne l’élevage de l’abeille domestique (Apis mellifera). Elle porte aussi d’autres noms comme abeille à miel, mouche à miel, avette... C’est le seul insecte, avec le bombyx du mûrier (ver à soie), qui ait été domestiqué. L’abeille était déjà présente il y quatre millions d’années sur Terre. Des fossiles à l’aspect identique aux abeilles actuelles ont été mis au jour. Cette longévité est le résultat de l’adaptabilité exceptionnelle de cette espèce. Le comportement de l’abeille est sous le contrôle à la fois de facteurs innés et de d’adaptabilité aux conditions d’environnement. L’abeille peut revenir à l’état sauvage lorsqu’elle s’échappe du rucher à l’occasion de l’essaimage, ou devenir domestique à l’occasion de la capture d’un essaim sauvage.
La naissance
L'œuf fécondé est pondu par la reine au fond d’une cellule. Il éclot trois ou quatre jours après la ponte. La larve est d’abord nourrie avec de la gelée royale, liquide sécrété par les glandes nourricières des ouvrières, puis par un mélange de pollen et de miel. Dix jours après la ponte, la larve a fini sa croissance, la cellule est operculée avec de la cire. La larve s’enveloppe d’un cocon. Douze jours plus tard, une jeune abeille sort enfin de sa cellule, elle a sa taille et son aspect définitifs. Trois semaines environ se sont écoulées depuis la ponte.
Ouvrière d'été
gelée royale
Nourrice les dix premiers jours, elle va d’abord s’occuper de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle pourra nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu’elle sécrète. À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.
Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées ; elle participe alors à l’agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, au nettoyage et à la régulation thermique de la ruche, puis à sa protection contre les prédateurs (guêpes notamment) et les voleurs (abeilles étrangères, etc).
Butineuse à partir du vingtième jour jusqu’à la cinquième ou sixième semaine de sa vie, elle va parcourir la campagne dans un rayon de deux kilomètres afin d’approvisionner la ruche en nectar, miellat, pollen, propolis ou en eau. Après quoi, sa vie s’achèvera : en général, une ouvrière meurt d’épuisement pendant un dernier voyage de butinage.
Ouvrière d’hiver
À la fin de l’été, au début de l’automne vont naître des ouvrières qui vont vivre de cinq à six mois, leur corps est plus riche en acide gras. Elles auront à protéger la reine, à maintenir l’essaim qui passera l’hiver à une température de 30 °C, puis, dès le mois de février, préparer l’arrivée des nouvelles générations.
Les faux bourdons
Du printemps au début de l’été, des mâles ou faux bourdons sont produits. Ils proviennent d'œufs non fécondés (ils sont donc haploïdes, leurs cellules ne contenant que n chromosomes au lieu de 2 n). Plus gros que les ouvrières, ils sont dépourvus de dard.
Ils ne participent pas aux travaux de la ruche. Ils ne peuvent pas se nourrir eux même en raison de leur langue trop courte, ils dépendent donc entièrement des ouvrières pour leur nourriture. Ils sortent de la ruche pour se regrouper en des lieux parfois éloignés.
Leur rôle se limite strictement à la fécondation des jeunes reines (vol nuptial). Ceux qui s’accouplent à une reine meurent peu de temps après l’accouplement. Quant aux autres, les ouvrières cessent à la fin de l’été de les nourrir et, de plus en plus affaiblis à mesure que l’automne approche, ils finissent par être impitoyablement rejetés de la ruche et par mourir, épuisés.
La reine
Elle provient d’un œuf fécondé identique à celui de l’ouvrière, pondu dans une cellule spéciale, plus grande, bâtie à côté des rayons. Tout au long de son développement, la larve sera nourrie exclusivement à la gelée royale, ce régime lui permettant de devenir une reine. Elle naîtra seize jours après la ponte, soit cinq jours plus tôt que l’ouvrière.
Il est rare de pouvoir observer une reine à l’extérieur, alors qu’il est relativement facile de la remarquer à l’intérieur d’une ruche : entourée de nombreuses ouvrières qui la protègent et la nourrissent, elle se distingue extérieurement des ouvrières par la plus grande longueur de son abdomen.
Les reines sont produites exclusivement au printemps, soit pour remplacer une reine vieillissante ou malade, soit pour un essaimage (qui n’a lieu que si la colonie est prospère) .
Une semaine après sa naissance, la jeune reine va entreprendre des vols nuptiaux. Elle va rejoindre un point de rassemblement, où se réunissent les mâles du voisinage, assurant ainsi la diversité génétique. Elle va s’accoupler avec plusieurs mâles, en plein vol, jusqu’à ce que sa spermathèque soit remplie. Les mâles qui l’auront fécondé vont tous mourir peu de temps après l’accouplement, leurs organes génitaux ayant été arrachés (leur rôle est terminé). La reine va conserver tout ce sperme dans sa spermathèque et restera ainsi fécondée pour le restant de sa vie (de quatre à cinq ans).
La communication chez les abeilles
La communication revêt une importance particulière chez les insectes sociaux, elle est un facteur de cohésion et de coordination des actions du groupe. Les abeilles communiquent par contacts antennaires, par voie chimique via des phéromones et par des danses.
Communication par contacts antennaires
Communication par les phéromones
Les phéromones de Nasanoff
La glande de Nasanoff est située sur la face dorsale abdominale des abeilles, elle produit une phéromone aux fonctions multiples. Elle sert à marquer l’entrée de la ruche, un lieu intéressant comme une source de nectar, une source d’eau ou un lieu d’arrêt provisoire lors de l’essaimage. Pour diffuser la phéromone, les abeilles exposent leur abdomen et ventilent en battant des ailes. L’odeur de la phéromone guide les autres ouvrières.
Les phéromones royales
La reine émet un nombre important de phéromones ayant un rôle capital dans la vie de la colonie. Elles ont plusieurs origines, on distingue celles produites par les glandes mandibulaires, les glandes abdominales et celles émises par l’extrémité des pattes. La phéromone mandibulaire est constituée de cinq composés qui ne sont actifs qu’ensemble.
La phéromone mandibulaire est répartie sur tout le corps de la reine par contact avec les ouvrières. Elle est rapidement dispersée dans la ruche par échange de nourriture, contact entre individus et par sa volatilité. Le rôle principal de la phéromone mandibulaire est d’inhiber l’élevage royal. Lorsque la reine vieillit, sa production de phéromone mandibulaire diminue ou, lorsqu’elle meurt, les ouvrières construisent des cellules royales en vue de la remplacer.
Communication par danse
phéromone
L’abeille communique la localisation, l’importance et la nature des sources de nectar à travers des danses. Deux cas se présentent : la source se situe dans un rayon de 100 mètres, elle se trouve au delà de cette limite.
Source à moins de 100 mètres
phéromone
Une butineuse de retour à la ruche monte dans les rayons et y bouscule des ouvrières. Elle leur fait goûter le nectar et en sentir le parfum dont elle est imprégnée. Elle décrit alors des cercles concentriques autour d’une cellule. Connaissant ainsi le goût et le parfum du nectar, les autres ouvrières en trouveront rapidement la source, sachant qu’elle est située à moins de 100 mètres, et bien qu’elles n’aient aucune indication sur sa direction.
Source éloignée
phéromone
Dans ce cas l’abeille s’oriente par rapport à la direction du soleil. En plus de ces deux yeux composés, elle dispose sur le haut de la tête de 3 ocelles, se sont des yeux simples, ceux-ci sensibles à la lumière polarisée, permettent de repérer le soleil à travers les nuages.
Sur les rayons la butineuse se comporte comme précédemment mais entreprend une danse différente. Elle commence par décrire un demi-cercle, puis se dirige vers son point de départ en suivant une ligne droite, de retour au point de départ elle refait un demi cercle mais dans l’autre sens, elle reprend à nouveau la même ligne droite, au bout elle reprend le premier demi-cercle et ainsi de suite. Elle décrit ainsi un huit. Lorsqu’elle parcourt la ligne droite elle agite son abdomen à droite et à gauche, elle frétille.
La direction de la ligne droite indique celle de la source de la miellée. Imaginons un cadran avec la ruche au centre, et le soleil placé au-dessus à la verticale. Sur ce cadran, l’abeille se dirige du centre vers la source de nourriture. Si la source de nourriture est dans la direction du soleil, l’abeille va se diriger verticalement de bas en haut sur la ligne droite. Si la source se trouve à 30° à droite par rapport à la direction du soleil, la ligne droite qu’elle décrira sera incliné de 30° à droite par rapport à la verticale, elle la parcourra de bas en haut. Si la miellée est à l’opposé du soleil, son trajet se fera alors de haut en bas.
La distance est indiquée par la vitesse à laquelle est réalisée la danse, plus elle est rapide, plus la source est proche. Ainsi, le nombre de « huit » exécutés en 15 secondes est de 9 ou 10 pour une source située à environ 100 mètres, 6 pour une distance de 500 mètres et n’est plus que de 2 pour 5000 mètres.
L’apiculteur
La France compte environ 80 000 apiculteurs pour 1 345 000 ruches. Les professionnels représentent 20 % de ce total, les amateurs 80 %.
Les apiculteurs proviennent de tous les horizons sociaux, hommes, femmes, campagnards ou urbains. Certains ont découvert l’apiculture au hasard de leur parcours, d’autres, souvent, ont été initiés jeunes alors qu’ils accompagnaient leur père ou grand-père au rucher. Attentifs à l’écosystème entourant leurs ruchers, la botanique, l’entomologie font souvent partie de leurs champs d’intérêts. C’est en tout cas une activité qui se pratique avec passion, sinon l’abandon arrive vite.
On dit que l’abeille est la sentinelle de l’environnement, Albert Einstein a dit : « Lorsque l’abeille disparaîtra, il ne restera plus que quatre ans à vivre à l’homme. » L’apiculteur est le premier à constater les dysfonctionnements de ses colonies, il intervient pour alerter les pouvoirs publics ou l’opinion (en Europe, certains produits phytosanitaires ont été interdits suite à leurs interventions.)
La ruche et les autres visiteurs
La ruche, par l’abri qu’elle procure et les provisions qu’elle contient, attire nombre d’animaux plus ou moins désirés.
Parmi les insectes, on peut compter les fourmis et les pince-oreilles, qui se logent sur le couvre-cadre mais ne pénètrent guère à l’intérieur de la ruche. La fausse teigne est un papillon parasite, qui pénètre dans la ruche ; sa larve consomme de la cire et ruine en peu de temps les ruches faibles. Les ruches fortes, au contraire, savent se défendre contre la fausse teigne.
Dans la ruche, pendant la période hivernale, la souris apprécie le gîte et le couvert, alors que la vipère et la couleuvre se contentent d’un refuge tiède pour l’hiver.
Le pic-vert, lui, n' hésite pas à percer les parois en bois des ruches pour accéder aux larves riches en protéines.
La multiplication des colonies
L’essaimage
Les colonies les plus prospères se reproduisent par essaimage. Au début du printemps, quelques cellules à reine sont produites. Une semaine environ avant la naissance des reines, l’ancienne reine quitte la ruche avec la moitié des effectifs de toutes les catégories d’ouvrières pour former un essaim : au moment du départ, toutes les ouvrières se sont gavées le jabot de provisions et elles ne peuvent donc pas piquer : un essaim tout neuf est donc inoffensif et le reste pendant quelques heures.
Cet essaim part à la recherche d’un abri ; il peut lui être fourni par l’apiculteur qui le capture et l’introduit dans une nouvelle ruche, ou bien il retourne à l’état sauvage et trouve abri dans un arbre creux, une excavation, une cheminée désaffectée ou même derrière des volets.
Dans la ruche, la première reine qui naît tue immédiatement toutes ses rivales qui sont encore dans leurs cellules. Il ne peut en effet y avoir qu’une reine par colonie. Une semaine plus tard, elle effectue son premier vol nuptial.
Une colonie peut produire, entre le début du printemps et le début de l’été, jusqu’à trois essaims, ils sont dits respectivement primaire, secondaire et tertiaire.
L’essaimage artificiel
Lorsqu’une colonie perd sa reine accidentellement, elle se retrouve orpheline. Les ouvrières se rendent compte de son absence après un ou deux jours. La colonie ne peut survivre sans la ponte de la reine qui assure le renouvellement de sa population. Les ouvrières vont choisir des cellules contenant des œufs de moins de trois jours pour les agrandir, ce sont les cellules de « sauveté ». Les larves qu’elles contiennent seront nourries exclusivement avec de la gelée royale afin de produire des reines.
Cette particularité est mise à profit par les apiculteurs pour multiplier leurs colonies. Pour cela, ils prélèvent dans une ruche forte quelques rayons avec des cellules contenant des œufs de moins de trois jours, les rayons sont couverts d’ouvrières. Ils les transvasent dans une ruchette avec des rayons garnis de provisions. Si tout se passe bien, une nouvelle reine naît deux semaines plus tard.
Sélection et élevage de reines
Les races
L’abeille est un hyménoptère, appartenant au genre Apis qui comporte quatre espèces sociales dont trois originaires d’Asie : Apis dorsata, Apis florea et Apis cerana. L’Apis mellifera (Linné) se rencontre en Europe, en Afrique, au Proche-Orient et dans une partie de la Sibérie. Sa très grande extension géographique a produit des races aux caractères morphologiques et comportementaux variés. Amenée par les colons, l’aire de l’Apis mellifera s’est étendue à l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, à l’Australie et à la Nouvelle Zélande.
Les races d’Europe les plus connues sont identifiées par des zones géographiques, séparées par des montagnes infranchissables aux essaims. Elles y ont vécu à l’état indigène, avec peu de contacts extérieurs. L’abeille noire, Apis mellifera mellifera (Linné, 1758) habitait toute la partie septentrionnale de l'Europe depuis la péninsule ibérique Espagne et Portugal, la France, l'Angleterre et l'Allemagne, la Pologne jusqu'à la partie européenne de la Russie. L’abeille jaune italienne, Apis mellifera ligustica (Spinola, 1806) occupe la majeure partie de l’Italie. L’abeille carnolienne, Apis mellifera carnica (Pollmann, 1879), est originaire de Slovénie et d'Autriche. La caucasienne à longue trompe, Apis mellifera caucasica (Pollmann, 1889), vit principalement dans le Caucase et en Géorgie.
Des races métisses ont été créées par l'action de l'homme, volontairement ou non.
L’abeille Buckfast créée par le [http://perso.fundp.ac.be/~jvandyck/homage/ Frère Adam] est l’une des plus appréciées. Elle est le résultat d'un travail de croisements et de sélection combinés. Ces travaux, qui se sont étendus sur plus de 70 ans, et ont comporté plusieurs voyages d'étude [http://perso.fundp.ac.be/~jvandyck/homage/books/FrAdam/voyages/1voy/1fr.shtml A la recherche des meilleures lignées d'abeilles], ont fait émerger une méthode reprise actuellement par plusieurs éleveurs européens : disciples qui continuent le travail du Frère Adam. Cette abeille est, à l'heure actuelle, la seule dont le [http://perso.fundp.ac.be/~jvandyck/homage/elver/archiv.html pedigree] est publié sur l'internet. Ces pedigrees, classés par éleveur, remontent jusqu'en 1925. Ce sont des outils de travail pour ces éleveurs.
Un autre exemple de métissage est celui de l'abeille dite africanisée. Elle est née en 1957, au Brésil, à la suite de l'importation d'Afrique de l'abeille Apis mellifera scutellata (Lepeletier, 1836) qui avait semblé mieux adaptée au climat tropical. Elle se croisa avec l'abeille créole, descendante des abeilles ibériques importées par les conquistadores. Ce croisement, auquel les caractéristiques - vigueur et prolificité - donnaient un important avantage évolutif, envahit toute la zone tropicale et sub-tropicale des Amériques.
L’étude des caractères raciaux, morphologiques et comportementaux sont l’objet de la biométrie. Ses apports en apiculture sont importants car elle permet de connaître l’influence des caractères génétiques sur les qualités d’une abeille donnée.
Sélection
La sélection est pratiquée comme dans les autres secteurs de l’agriculture, elle tend à améliorer l’abeille pour satisfaire les besoins de l’apiculture. Les qualités recherchées chez l’abeille sont d’être vigoureuse, productive, douce, propre, peu essaimeuse, résistante aux maladies ...
Élevage
Tout apiculteur pratique, dans son rucher, la sélection. En effet, lorsqu’il pratique l’essaimage artificiel, il choisit comme souche ses ruches les plus fortes. Mais, pour pratiquer une sélection plus rigoureuse, il faut pouvoir disposer d’un grand nombre de colonies. Certains apiculteurs se sont donc spécialisés dans la production de reines sélectionnées.
Pour cela, ils disposent de ruches dédiées à cet usage. Des cadres sont aménagés pour contenir plusieurs ébauches artificielles de cellules à reine, appelées cupules. Des larves âgées de moins de 36 heures, les plus petites possibles, sont déposées au fond de ces cupules, cette opération s’appelle le picking. Les cadres garnis de ces cupules sont introduits dans des ruches d’élevage mises en état d’orphelinage, c'est-à-dire dont on a enlevé la reine. Les ouvrières-nourrices vont s'occuper des larves en leur fournissant en abondance de la gelée royale de composition adaptée à leur âge, puis operculer les cellules. Par précaution, les alvéoles sont alors entourés par de petites grilles cylindriques afin de les protéger de l’attaque d'une reine née prématurément.
Avant la naissance des reines, chaque cellule est placée dans une ruchette de fécondation. Cette ruchette est garnie d’ouvrières et de rayons de couvain operculé, à partir desquels il leur serait impossible de produire de nouvelles reines. Dans le mois qui suit leur naissance, les reines doivent être fécondées, soit naturellement par un certain nombre (de 15 à 25) de mâles de son environnement, soit artificiellement. Dans le premier cas, les ruchettes sont placées de préférence dans une zone saturée de bourdons de la souche sélectionnée, éventuellement sur une île isolée. Dans le second cas, par une manipulation appelée insémination instrumentale permet de lui injecter le sperme — 8-12 μL, d'une bonne vingtaine de mâles sélectionnés — au préalable introduit dans un capillaire, afin d’avoir une souche pure.
Opérations apicoles
Les protections
Le risque de piqûre nécessite le port de protections. Les abeilles attaquent préférentiellement la tête et les parties sombres qui, pour elles, représentent des orifices, comme les yeux, les cheveux et les oreilles.
La tenue d’un apiculteur doit être claire, elle est en général blanc crème. Une coiffe munie d’un tulle noir tressé suffisamment serré est une protection minimale, les gants sont utiles aux débutants mais ils limitent la précision des manipulations.
L’enfumage
Toute intervention à l’intérieur de la ruche nécessite l’enfumage de l’essaim. Cette opération se fait à l’aide d’un enfumoir, il en existe de nombreux modèles, ils fonctionnent tous sur le même principe. La fumée est produite par un combustible emprisonné dans un récipient en tôle, la combustion est incomplète et produit beaucoup de fumée. Un soufflet permet de chasser la fumée du récipient à travers une cheminée conique et de diriger son flux. La matière brûlée peut être de la paille, des aiguilles de pin, du carton non traité...
Lorsque de la fumée pénètre dans la ruche, les abeilles se sentent en danger, elles se préparent à fuir et font des provisions en se gorgeant de miel. On dit que la ruche se met en état de « bruissement », un bourdonnement caractéristique sort de la ruche. Les abeilles ont rempli leur jabot de miel, à partir de ce moment, elles ne peuvent plus piquer et ne sont plus agressives. Un certain nombre quitte la ruche et tourne autour. L’apiculteur peut alors intervenir dans la ruche, il maintient l’état de la colonie un envoyant régulièrement des bouffées de fumée sur les abeilles pendant toute la durée de son travail.
Les travaux finis, les abeilles ventilent la ruche pour chasser la fumée, après quinze à vingt minutes, elles reprennent leurs activités.
L’apiculture pastorale ou la transhumance
Dans l’apiculture sédentaire les ruches sont fixes, le rayon efficace de récolte des abeilles autour du rucher ne dépasse guère 2 à 3 kilomètres, ce qui limite les récoltes. L’apiculture pastorale consiste à déplacer les ruches de site en site au gré des miellées. Très ancienne, elle était déjà pratiquée par les nomades qui emportaient leurs ruches à dos d’animal. En Italie sur le Pô, ou en Égypte sur le Nil, les ruches étaient chargées sur des bateaux qui remontaient le fleuve dans les régions à miellées plus favorables. Les ruches étaient pleines lorsqu’une ligne limite de flottaison était atteinte.
Aujourd’hui les déplacements de ruches se font par route, elles sont embarquées à la tombée de la nuit (lorsque toutes les abeilles sont rentrées) et arrivées à destination au lever du soleil. Les véhicules employés, de la remorque automobile au camion, varient en fonction de l’importance du rucher. Souvent les ruches sont déchargées et mises en place dans le rucher pastoral ; parfois, afin de limiter les manutentions, les ruches restent en place sur des véhicules aménagés à cet effet.
Les déplacements se font souvent en utilisant les variations d’altitudes et l’avancée des saisons, en commençant par les plaines et vallées précoces d’avril à juin, puis en rejoignant les floraisons plus tardives de montagne en juillet et août, pour finir par les récoltes de miellats de sapin, avant de rejoindre la plaine pour l’hivernage. L’arboriculture utilise les services de l’apiculture pastorale pour la pollinisation des vergers.
Les produits de la ruche
Le miel
Élaboration
Le miel est élaboré par l’abeille à partir de substances sucrées qu’elle récolte dans la nature. Les principales sources d’approvisionnement sont le nectar, qui est produit par le nectaire des plantes à fleurs (angiosperme), et le miellat, qui est une excrétion produite par des insectes suceurs comme le puceron à partir de la sève des arbres. Du fait de leur anatomie et en particulier de la longueur de leur trompe, les abeilles domestiques ne peuvent récolter le nectar que sur certaines fleurs, celles-ci sont dites mellifères. Le nectar sert à attirer les insectes pollinisateurs, afin d’assurer la fécondation des fleurs.
La composition des nectars varie avec les plantes qui les produisent, ils sont composés principalement de glucides tels que saccharose, glucose, fructose et d’eau. Leur teneur en eau peut être importante, jusqu’à 90 %. Les miellats sont plus riches en mélézitoze.
L’élaboration du miel commence dans le jabot de l’ouvrière, pendant son vol de retour vers la ruche. L’invertase, une enzyme de la famille des diastases, est ajoutée, dans le jabot, au nectar. Il se produit alors une réaction chimique, l’hydrolyse du saccharose qui donne du glucose et du fructose.
Arrivée dans la ruche, l’abeille régurgite le nectar, riche en eau, qui doit encore être déshydraté pour assurer sa longue conservation. Pour cela, la butineuse le dépose en fines couches sur la paroi des alvéoles. Les ouvrières ventileuses entretiennent un courant d’air dans la ruche qui provoque l’évaporation de l’eau. Lorsque sa teneur en eau atteint 17 à 22 %, le miel est à maturité ; il est alors emmagasiné dans d’autres alvéoles qui seront operculés quand ils seront pleins.
Crus de miels
L’apiculture propose des miels d’origine, de saveur et d’aspect très variés. Le miel est dit monofloral lorsque son origine provient en grande partie d’une seule variété de fleurs. L’apiculteur a placé ses hausses juste au moment de la miellée de la fleur recherchée et les a retirées aussitôt après pour en faire la récolte. Les autres miels sont dits toutes fleurs et peuvent être désignés par leurs origines géographiques.
- Le miel d’acacia à saveur douce, est liquide, clair et ne cristallise pas.
- Le miel de châtaignier au goût corsé est visqueux et sombre.
- Le miel de lavande, très parfumé, de couleur crème présente une granulation très fine.
- Le miel de colza, avec une légère saveur de chou, est de couleur claire, il donne rapidement une granulation épaisse.
- Les miels de garrigue, de montagne sont toutes fleurs, leur saveur et leur aspect dépendent de leurs terroirs.
Gelée royale
La gelée royale est le produit de sécrétion du système glandulaire céphalique (glandes hypopharyngiennes et glandes mandibulaires) des abeilles ouvrières, entre le cinquième et le quatorzième jour de leur existence (ouvrières qui portent alors le nom de nourrices). C’est une substance blanchâtre aux reflets nacrés, à consistance gélatineuse, de saveur chaude, acide et légèrement sucrée, qui constitue la nourriture exclusive :
- de toutes les larves de la colonie, sans exception, de leur éclosion jusqu’au troisième jour de leur existence ;
- des larves choisies pour devenir reines jusqu’au cinquième jour de leur existence ;
- de la reine de la colonie pendant toute la durée de son existence à partir du jour où elle quitte la cellule royale.
Composition de la gelée royale
La gelée royale contient en moyenne :
- lipides : 4,5 %
- glucides : 14,5 %, du glucose et du fructose pour la plus grande partie, et en proportions nettement moindres du saccharose, du maltose, de l’erlose, du tréhalose et du mélibiose.
- protides : 13 % (acides aminés à l’état libre ou combiné)
- eau : environ 66 %.
On y trouve également des vitamines (la gelée royale est le produit naturel connu le plus riche qui soit en vitamine B5), des oligo-éléments, de l’acétylcholine (jusqu’à 1 mg/g), des facteurs antibiotiques particulièrement actifs sur les proteus et escherichia coli B (plus connu sous le nom de colibacille).
Récolte et conservation de la gelée royale
La production de gelée royale fait appel à des techniques particulières, car les abeilles produisent juste la quantité nécessaire à l’élevage du couvain et elle n’est pas stockée. Elle est pratiquée par des apiculteurs spécialisés. Les ruches sont conduites comme pour l’élevage de reine, la ruche est rendue orpheline en lui enlevant la reine. Des cadres sont placés dans la ruche avec des ébauches de cellules royales dans lesquelles l’apiculteur a mis des larves d’ouvrières âgées de 12 à 36 heures. Les ouvrières vont donner à ces ébauches la taille définitive des cellules à reines. Les nourrices servent de la gelée royale en abondance aux jeunes larves. Après 3 jours les cellules ont atteint leur maximum d’abondance. Les cadres sont alors retirés, la gelée royale est prélevée par aspiration cellule par cellule. Une ruche peut donner de 300 à 500 grammes de gelée par an.
Dès son prélèvement, la gelée royale est mise en flacons de verre. Flacons qui sont hermétiquement fermés par un bouchon en plastique (le métal est attaqué car la gelée royale est acide et a un pH de 4), puis entreposés au froid (entre 0 et 5 °C) dans une atmosphère exempte d’humidité et à l’abri de la lumière. Dans de telles conditions, la gelée royale se conserve parfaitement pendant plusieurs mois.
Le pollen
vitamine B5
Chez les végétaux supérieurs, le grain de pollen constitue l’élément fécondant mâle de la fleur. Le pollen produit se trouve sur les anthères des étamines. Sa forme, sa couleur, ses dimensions varient considérablement d’une plante à l’autre. Pour être fécondée, une fleur doit recevoir du pollen sur son pistil (organe femelle des plantes à fleurs).
Toujours présent en petite quantité dans le miel, son étude permet d’identifier les origines botaniques de celui-ci. Cette technique d’identification des miels à partir des pollens qu’il contient s’appelle la melissopalynologie.
Les plantes entomophiles utilisent en grande partie les insectes pour leur pollinisation. L’abeille, en passant de fleur en fleur, dépose des grains de pollen de l’une sur le pistil de l’autre. L’abeille est largement utilisée pour la pollinisation des plantes cultivées, en particulier pour les arbres fruitiers. On estime que la valeur économique apportée par les abeilles dans la pollinisation est de 12 à 15 fois supérieure à celles des produits de la ruche.
La récolte du pollen par l’abeille est possible grâce à l’adaptation spécifique des pattes postérieures des ouvrières. Elle utilise la brosse à pollen située sur la face interne du métatarse pour récupérer le pollen dispersé sur son corps, puis le pousse et le tasse dans la corbeille à pollen située sur la face externe du tibia de la patte opposée. Un poil unique dans la corbeille sert de mât qui maintient la pelote de pollen. Une pelote pèse environ 6 milligrammes, l’abeille en transporte deux. Dans la ruche, le pollen est tassé, avec la tête, par d’autres ouvrières, dans des alvéoles.
Composition du pollen.
Le pollen est d’abord une source de protides pour les abeilles, il entre dans la composition de la bouillie distribuée au couvain.
Le pollen est également riche en d’autres substances, sa composition moyenne est de :
- protides : 20 % (acides aminés libres et protéines)
- glucides : 35 % (provenant du miel)
- lipides : 5 %
- eau : 10 à 12 %
D’autres composants sont présents comme des vitamines, des oligo-éléments, des enzymes (amylase, invertase, certaines phosphatases), des substances antibiotiques actives sur toutes les souches de colibacilles et certaines de proteus et salmonelles. On y trouve aussi la rutine, une substance accélératrice de la croissance, des substances œstrogéniques, et de nombreux pigments qui donnent la couleur d’un pollen déterminé.
Récolte et conservation du pollen
La récolte du pollen est assez récente. Les apiculteurs ont mis au point une trappe à pollen placée à l’entrée de la ruche. Pour y pénétrer, les abeilles doivent passer au travers d’ouvertures étroites, provoquant la chute de pelotes de pollen dans un tiroir situé en dessous. Le dispositif est conçu de manière à ce que seulement 10 % du pollen soit prélevé, car il est indispensable à la croissance des colonies. Les tiroirs sont prélevés tous les un ou deux jours. Les pelotes de pollen sont séchées à 40 °C par le passage d’un courant d’air chaud et sec traversant des claies sur lesquelles elles sont étalées. Elles sont sèches dès lors qu’elles n’adhèrent plus les unes aux autres. Hydrophiles, il faut les stocker dans des récipients hermétiques.Une nouvelle méthode consiste à congeler les pelotes dès la récolte des tiroirs
La propolis
L’origine du mot propolis est associée au grec pro qui veut dire devant, en avant de, et polis la cité. Cette matière est utilisée comme un mortier pour réduire ou ajuster la dimension des ouvertures de la ruche en fonction des conditions climatiques.
La propolis désigne toute une série de substances résineuses, gommeuses et balsamiques, de consistance visqueuse, recueillies par les abeilles sur certaines parties de végétaux (essentiellement les bourgeons et les écorces de certains arbres), substances qu’elles rapportent à la ruche et qu’elles modifient vraisemblablement en partie par l’apport de certaines de leurs propres sécrétions (cire et sécrétions salivaires principalement).
Les principales essences produisant de la propolis sont des conifères (pin, sapin,épicéa), plusieurs espèces de peupliers (qui semblent être la source la plus importante), l’aulne, le saule, le marronnier d'Inde, le bouleau, le prunier, le frêne, le chêne et l’orme.
Dans la ruche, la propolis a de multiples usages. C’est un mortier qui sert au colmatage, à l’étanchéité de la ruche, au renforcement de rayons ou parties défectueuses de la ruche. C’est un vernis aseptisant déposé en fine couche à l’intérieur des cellules avant la ponte de la reine, ou pour lisser les parois intérieures de la ruche. Elle sert aussi à momifier les animaux intrus et morts trop gros pour être évacués par les abeilles évitant ainsi leur décomposition.
Composition
La propolis recueillie dans la ruche est constituée globalement de :
La propolis contient également beaucoup d’autres éléments comme des acides organiques, de très nombreux flavonoïdes, des oligo-éléments, de nombreuses vitamines.
La cire
La cire est une excrétion produite par 8 glandes cirières situées sous l’abdomen des jeunes abeilles, entre leurs 12 et 19 jours, pour bâtir les rayons de la ruche. L’abeille a besoin de 10 à 11 kg de miel pour produire 1 kg de cire. La cire appartient à la famille chimique des cérides, elle est constituée d’acides et d’alcools gras à très longues chaînes (20 à 60 carbones). Son point de fusion est d’environ 64 degrés Celsius et sa densité de 0,97. Elle est insoluble dans l’eau et résiste à l’oxydation.
Autrefois elle était utilisée dans la fabrication de chandelles ; aujourd’hui elle sert à fabriquer des feuilles de cire gaufrée qui sont placées dans les ruches afin d’économiser du miel. Elle entre dans la composition d’encaustiques pour l’ameublement et les parquets.
L’apithérapie
« L’apithérapie est le traitement des maladies par les produits récoltés, transformés ou sécrétés par l’abeille, et tout particulièrement : le pollen, la propolis, le miel, la gelée royale et le venin. » Les vertus du miel et de la propolis sont connues depuis les temps les plus anciens par la médecine traditionnelle. Ces dernières décennies, des études scientifiques ont permis de confirmer et de mieux comprendre leurs propriétés. Faute de techniques de récolte, le pollen et la gelée royale ne sont apparus que récemment. Depuis, de nombreuses études ont permis de découvrir leurs propriétés. Cependant, c’est le venin d’abeille qui présente l’aspect le plus thérapeutique.
Apithérapie et miel
Le miel est un produit diététique naturel aux propriétés organoleptiques remarquables. C’est un aliment énergétique, il est rapidement assimilé, son pouvoir édulcorant est supérieur à celui du sucre (saccharose). Le miel contient en moyenne 5 % de saccharose, 6 % de maltose, 30 % de glucose, 40 % de fructose, des acides organiques, des oligoéléments. Sa composition est telle que les micro-organismes ne s’y développent pas, le miel ne nécessite ni conservateur, ni pasteurisation.
La médecine traditionnelle attribue généralement aux miels provenant de plantes médicinales les mêmes vertus que celles-ci.
Des recherches récentes menées à l’université de Waikato en Nouvelle-Zélande ont mis en évidence les propriétés antibiotiques du miel provenant d’un arbuste, le manuka (Leptospermum scoparium). Une enzyme spécifique, l’UMF (Unique Manuka Factor), produit du peroxyde d’hydrogène, un antiseptique reconnu dont la teneur est dix fois supérieure à celle des autres miels. Ce miel est efficace sur des bactéries multirésistantes et semble avoir des propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes.
Apithérapie et gelée royale
La gelée royale est indiquée pour combattre la fatigue, la faiblesse, l’asthénie, la neurasthénie, la dépression légère, l’aménorrhée et la dysménorrhée.
Apithérapie et pollen
Le pollen est indiqué pour traiter les allergies saisonnières, améliorer les performances physiques, améliorer la mémoire chez les personnes âgées.
Apithérapie et propolis
La propolis a de nombreuses indications :
- par voie externe pour :
- traiter l’herpès génital ;
- accélérer la guérison des plaies de la muqueuse buccale ;
- prévenir la carie et la plaque dentaires, traiter la gingivite ;
- par voie interne pour prévenir et traiter les infections des voies respiratoires, les infections bactériennes, virales et parasitaires (infections intestinales, vaginales et des voies respiratoires).
Le venin d’abeille
Le venin est utilisé pour soigner les affections rhumatismales, les arthrites chroniques, certaines maladies inflammatoires et la sclérose en plaque.
Le venin est administré sur les zones à soigner soit directement par des piqûres d’abeille, soit dilué à l’aide de seringues. Lorsque l’abeille pique, son dard reste planté dans la peau, quand elle se retire, une partie de l’abdomen est arraché, ce qui entraîne sa mort. On sait aujourd’hui extraire le venin de l’abeille sans entraîner sa mort.
On trouve également du venin d’abeille sous diverses présentations, crèmes, lotions, comprimés, gouttes utilisés dans le traitement de l’arthrite, des inflammations des tendons et des articulations et les affections cutanées.
L’apipuncture est une combinaison du traitement au venin d’abeille et de l’acupuncture. Elle est employée dans le traitement de l’épilepsie, de l’incontinence et des troubles arthritiques. Le venin peut être administré soit par dépôt sur le point d’acupuncture soit par immersion de l’aiguille dans une solution avant stimulation.
Le venin d’abeille est aussi un élément fondamental dans l’arsenal des substances utilisées dans la thérapeutique homéopathique : apis mellifica est en général prescrit dans des dilutions allant de 5 à 30 CH.
Autres produits et dérivés
Une organisation incroyablement efficace
L’observation de nombreux faits et phénomènes liés à la vie des abeilles montre que leur organisation obéit à des principes d’économie sans faille, et qui seraient sûrement jugés parfaitement totalitaires s’ils étaient appliqués à des sociétés humaines !
Donnons-en quelques exemples :
- les ouvrières sont entièrement dévouées à la communauté et elles meurent toutes à la tâche ;
- les mâles également, dont le rôle est strictement limité à celui de reproducteurs (effectifs ou potentiels) ;
- les gardiennes de la ruche n’hésitent pas à se sacrifier en attaquant des ennemis mieux armés qu’elles ; elles meurent généralement quand elles piquent, car elles ne peuvent survivre à la perte de leur dard ;
- à la belle saison, la reine pond sans relâche de 1500 à 3000 œufs par jour ;
- une jeune reine à peine sortie de son alvéole tue immédiatement ses sœurs plus jeunes, la ruche ne pouvant pas se permettre, pour sa survie, de nourrir deux colonies en même temps ;
- lorsqu’une jeune reine va éclore, c’est la vieille reine qui, avec celles des ouvrières qui l’accompagnent, prend tous les risques en quittant la ruche, l’essaimage se produisant sans aucune garantie de re-logement décent ;
- tout individu improductif est éliminé sans délai : mêmes les larves sont éjectées de la ruche si, après un épisode de printemps précoce qui a encouragé les vieilles ouvrières (qui ont survécu au long hiver) à démarrer l’élevage de printemps, survient un retour du froid qui condamne à terme la viabilité des larves ainsi mises en route ;
- quand la saison est trop avancée pour que ne soient pas compromises les chances de survie d’une colonie qui, venant à perdre sa reine, devrait pour la remplacer élever sans délais une nouvelle reine (qui doit être élevée pendant seize jours puis fécondée avant de pouvoir redémarrer au plus vite la ponte et l’élevage de nouvelles générations d’ouvrières destinées à la protéger pendant le prochain hiver), les ouvrières cessent de nourrir les mâles dont l’utilité en tant que reproducteurs disparaît ;
- la forme hexagonale de la section des alvéoles est optimale quant à la quantité de cire nécessaire pour en élever les parois ;
- mieux, dès les années 1712, il a été établi (par l’astronome Maraldi, neveu de Jean-Dominique Cassini) que le fond des alvéoles, qui n’est pas plan mais est composé de trois losanges égaux juxtaposés, présente des losanges dont les angles ne font pas respectivement 120° et 60°, mais 109° 28' et 70° 32', les alvéoles situés sur l’une des faces des rayons n’étant pas placés en face de ceux de la face opposée mais de façon décalée (l’axe d’un alvéole d’une face est toujours situé dans le prolongement de l’intersection de la paroi commune à trois alvéoles contigus de l’autre face). Or on peut démontrer que cette propriété correspond pour les alvéoles à un volume maximum pour une surface donnée : la quantité de cire utilisée est donc parfaitement minimisée .
Quelques personnalités
;Adam (Frére) : (1898-1996) né en Allemagne, infatigable voyageur apicole, et auteur de nombreux ouvrages, il créa par croisement des meilleurs souches, l'abeille buckfast.
;Ambroise (Saint) : (340-397) évèque de la ville de Milan, Saint patron des apiculteurs des abeilles et de la ville de Milan.
;Bonnier Gaston : (1853-1922) - Célèbre botaniste français qui a travaillé avec G. De LAYENS sur des ruchers expérimentaux, dont les furent des références dans ce domaine.
;Dadant Charles : (1817-1902) - Né en France il rejoint les Etats Unis en 1863 où il met au point la ruche portant son nom. La société familiale qu'il fonda perdure toujours après 5 générations.
;De Layens Gorges :
;Hurpin Jean: débute en apiculture en 1900. Fonde en 1920, avec l’instituteur « Jean GUERRE », le journal « L’Abeille de France et l’apiculteur ». Il perfectionne la ruche De Layens et publie de nombreux ouvrages apicoles.
;Langstroth Lorenzo (révérend): américain, met au point sa ruche en 1860, c'est actuellement une des plus répandues au monde.
;Voirnot Jean-Baptiste (abbé) : (1844-1900) français, créateur de la ruche Voirnot
;Von Frish Karl: (1886, 1982) zoologiste autrichien ayant décrypté le langage des abeilles, notamment leurs danses de localisation des sources de nectar.
;Warre Emile (abbé): (????-1951) - français, a mis au point la ruche portant son nom après avoir étudié tous les types de ruches disponibles à son époque. Il en eu 350, avec un minimum de 10 à 12 par modèle, placées dans des situations identiques, même rucher, même direction...
Glossaire
;Barres et barrettes : planchettes disposées parallèlement et horizontalement en haut des ruches, sous lesquelles les abeilles vont bâtir leurs rayons. L'apiculteur les amorce en fixant une bande de cire gaufrée sur leur face inférieure qui servira de guide aux abeilles. Les barrettes sont utilisées dans les ruches Warré, leur largeur est d’environ 25 mm et leur épaisseur d’environ 9 mm, elles ne sont pas jointives de manière à ce que les abeilles puissent circuler entre le corps et les diverses hausses, le dernier étage est fermé par un couvercle (couvre cadre). Les barres sont utilisées dans des ruches horizontales type top-bar, leur largeur est d’environ 35mm et leur épaisseur d’environ 25 mm. Elles sont montées jointives et forment une fois en place le couvercle de la ruche.
;Cellule ou alvéole : compartiment de section hexagonale et d’axe légèrement incliné par rapport à l’horizontale (d’environ 13 °) qui forme le motif de base des rayons d’une ruche et peut servir à divers usages : déshydratation de l’eau du nectar, maturation et stockage du miel, stockage du pollen, élevage des larves d’ouvrières.
;Cellule de sauveté : cellule construite par les ouvrières pour la production de reines dans les ruches orphelines.
;Cire gaufrée : présentée en feuilles, il s’agit d’une pellicule de cire naturelle sur laquelle une machine a marqué à chaud et sur les deux faces l’ébauche du fond des futurs alvéoles : placées verticalement sur des cadres de bois et rigidifiées par un fil métallique situé dans leur épaisseur et qui les parcourt en zigzag et de bord à bord, ces feuilles facilitent la tâche des abeilles cirières à qui l’apiculteur les proposent comme ébauches sur lesquelles elles vont construire les parois des divers alvéoles.
;Couvain : ensemble des œufs, larves et nymphes contenus dans une ruche.
;Entomophile : se dit des plantes utilisant les insectes comme vecteur pour leur fécondation.
;Faire la barbe : comportement des abeilles qui dénote que la ruche est insuffisamment aérée ou manque de fraîcheur ; généralement, on observe ce phénomène lors des fins d’après-midi les plus chaudes de l’été : les abeilles, battant des ailes avec un bruissement caractéristique, se disposent en grand nombre sur la planche de vol ou restent suspendues les unes aux autres, les plus élevées étant accrochées au rebord de la planche de vol ou sur la paroi du corps de ruche qui surplombe l’entrée ;
;Jabot : poche communiquant avec l’estomac, isolée de celui-ci par un clapet.
;Mellifère : plantes donnant en abondance des substances sucrées accessibles aux abeilles domestiques.
;Opercule : fine membrane de cire fermant une cellule.
;Organoleptique : qui agit sur la perception sensorielle, pour les aliments : goût, odeur, couleur, aspect, consistance...
;Partition : cloison mobile épousant la section d'une ruche, placée parallèlement aux rayons elle permet de réduire le volume de la ruche. Dans le but de faciliter son maintient en température par les abeilles lors de l'hivernage ou lorsque la colonie est faible.
;Planche de vol (ou d’envol) : petite surface plane, placée à la base du corps de ruche et légèrement inclinée vers l’extérieur : elle sert de piste de décollage ou d’atterrissage aux butineuses, ainsi que de poste de garde aux gardiennes (sentinelles).
;Ruche orpheline : ruche n’ayant plus de reine.
;État de bruissement : état d’une ruche enfumée émettant un bourdonnement intense, suite à son enfumage.
;Spermathèque : réservoir dans l’abdomen de la reine contenant la semence des bourdons qui servira à féconder les œufs d’ouvrières et de reines.
;Top-Bar: terme anglo-saxon désignant les barres, c'est aussi le nom d'une ruche munie de ces mêmes barres. Cette ruche, horizontale, se présente comme une profonde gouttière de section trapézoïdale, fermée par un toit. De faible coût elle a été créée initialement pour les pays en voie de développement.
Voir aussi
- Gaucho
- Abeille à miel
- Abeille
- Miel
Lien externe
- [http://www.beekeeping.com/info/sommaires/index_fr.htm Abeille, qui es-tu ?]
-
simple:Beekeeping
Karl von Frisch
Karl Von Frisch (20 novembre 1886-12 juin 1982), éthologue autrichien, spécialiste du monde des abeilles.
Il a reçu en 1973 le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen.
Von Frisch travailla à l'Institut zoologique de la ville de Munich. Dans le cadre de ses travaux, il s'intéressa en particulier au comportement des poissons et des abeilles, notamment à leur capacité à s'orienter et à communiquer. Frisch est célèbre pour avoir déchiffré le langage des abeilles. Celles-ci communiquent avec leurs congénères par une sorte de danse, et sont ainsi capables d'indiquer l'emplacement d'une source de nourriture intéressante.
Le langage des abeilles
« Vie et moeurs des abeilles » est l'ouvrage le plus célèbre de von Frisch ; il y étudie la structure du langage des abeilles.
Il avait en effet observé que lorsqu'une abeille repérait un butin et qu'elle revenait à la ruche, les autres abeilles venaient ensuite directement au bon endroit. C'est donc que la première abeille devait les informer de sa situation.
C'est par une danse que l'abeille prévient ses compagnes :
- si le butin se trouve à moins de 100 mètres, elle dessine un simple cercle ;
- s'il se trouve entre 100 mètres et 6 km, elle dessine un huit ; l'inclinaison de l'axe par rapport au soleil indique la direction, et la vitesse de la danse indique la distance à parcourir.
Von Frisch, Karl
ko:칼 폰 프리슈
ApicultureL'apiculture, branche de l’agriculture, est l’élevage d’abeilles par l’homme pour exploiter les produits de la ruche. L’apiculteur doit procurer à l’abeille un abri, des soins et veiller sur son environnement, et il récolte une partie mesurée de ces produits : miel, pollen, cire, gelée royale et propolis.
Pratiquée sur tous les continents, cette activité diffère selon les variétés d’abeilles, le climat et le niveau de développement économique. C’est une activité où se mêlent les méthodes ancestrales comme l’enfumage, et les méthodes modernes comme l’insémination artificielle ou l’étude du trajet des abeilles équipées de microréflecteurs radar.
Histoire
climat
L’homme élève des abeilles depuis environ 12 000 ans. À cette époque, l’homme pratiquait la cueillette comme l’atteste la peinture rupestre trouvée à la « cueva de la Araña » (grotte de l’Araignée, 6000 ans) près de Valence en Espagne. On y voit un homme suspendu à des lianes, portant un panier pour recueillir sa récolte, la main plongée dans un tronc d’arbre à la recherche de rayons de miel. On ne sait pas exactement quand la domestication de l’abeille a eu lieu. L’apiculture était cependant courante dans le Haut-Empire égyptien 2400 ans avant J.-C. Des représentations ont été mises au jour dans le temple du roi Ne-Ouser-Rê à Abou-Gourab (Égypte antique), où l’on voit des scènes montrant l’extraction et la conservation du miel.
La première ruche fut sans doute issue du prélèvement d’un tronc d’arbre creux contenant un essaim. Plus tard, avec la maîtrise des techniques d’enruchage, apparaissent les premières fabrications de ruches artificielles, sans doute faites de troncs creusés ou d’écorce de liège. Les ruches en planches apparaissent dès l’Antiquité ; Pline l'Ancien décrit avec précision certains modèles.
Les ruches tressées existent depuis l’Antiquité. Elles furent d’abord faites de baguettes de bois entrecroisées, étanchées avec un mélange de bouse de vache et de cendres. Les ruches en paille tressée, plus tardives, sont mentionnées pour la première fois dans une ordonnance de Charlemagne datée de 799, le Capitulaire De Villis. La récolte dans ces ruches était pratiquée par étouffage total ou partiel de l’essaim, ou encore par la taille de rayons, cela conduisait à leur mort ou leur affaiblissement.
L’invention de la hausse remédie à ces inconvénients. En 1772, Jonas de Gelieu décrit la première ruche à hausse fonctionnelle dans sa Nouvelle méthode pour former les essaims artificiels. L’entrée dans l’apiculture moderne se fait avec l’invention du cadre mobile mis au point en 1844 par Debeauvoys.
L’art de l’apiculture
La conduite d’une colonie consiste principalement à veiller à l’état de la « démographie » des ruches.
Une colonie d’abeilles se compose d’une reine unique, de nombreuses ouvrières (femelles), de faux bourdons (mâles) et de couvain (oeufs + larves + nymphes). Une ruche contient une colonie.
Pour se reproduire et survivre, une colonie d’abeilles cherche à accumuler un maximum de provisions pendant la saison favorable afin de pouvoir passer l’hiver. La population de la colonie varie suivant les saisons. Elle est importante pendant les périodes où les ressources sont abondantes dans la nature (30 000 à 70 000 individus) afin de faire le plus de récolte possible. Elle est minimale l’hiver (6 000 individus) afin de réduire la consommation de provisions au minimum nécessaire. Cependant, elle ne doit pas être trop faible, car c’est elle qui devra relancer la colonie au printemps.
La ruche
larve
C’est l’unité de vie construite par l’apiculteur pour recevoir une colonie d’abeilles. Un ensemble de ruches forme un rucher.
Aux XIX et s, la recherche d’une apiculture rationnelle et l’approche scientifique de l’apiculture ont conduit à la mise au point des ruches modernes, qui se caractérisent par l’adoption de rayons mobiles, de dimensions précises et standardisées.
Les rayons mobiles permettent d'intervenir dans la ruche sans la détruire. Construits par les abeilles, un à un, ils peuvent être facilement extraits et remis en place. Ils sont soit bâtis dans des cadres préparés par l'apiculteur, soit suspendus à des barres ou barrettes sur lesquelles l'apiculteur a placé des amorces de rayons.
Il existe deux grandes familles de ruches :
- celles qui s'agrandissent par empilement vertical d'éléments standards, dites ruches divisibles
- celles qui s'agrandissent par ajout de cadres latéralement à ceux déjà en place. Ce sont les ruches horizontales.
Les dimensions des ruches verticales varient en fonction du nombre d'éléments empilés, les horizontales ont toujours le même aspect extérieur. Elles ont assez de place à l'intérieur pour accueillir des rayons supplémentaires lors de l'agrandissement de la colonie.
Les ruches portent souvent le nom de leurs inventeurs. Les ruches verticales à cadre les plus courantes en France sont les ruches Dadant, Langstroth et Voirnot. Les ruches Warre et Climatstable sont divisibles et à barrettes, leur conduite originale les destine à l’apiculture écologique.
Parmi les ruches horizontales à cadre, il faut citer la ruche mise au point par De Layens et perfectionnées par Jean Hurpin. Actuellement, la ruche à barres Top-Bar, adaptée aux régions chaudes et de faible coût, suscite un vif intérêt, autant dans les pays en voie de développement que dans les plus développés.
Jean Hurpin
La ruche divisible type se compose d’un empilement de caisses ouvertes au-dessus et au-dessous.
Cet empilement repose sur un plancher débordant sur un côté formant un balcon, appelé planche de vol. C’est de là que les abeilles sortent de la ruche et y entrent. La première caisse porte le nom de corps de ruche. C’est le domaine privé des abeilles. Tout ce qui est entreposé dans le corps appartient aux abeilles, il contient assez de provisions pour qu’une colonie d’abeilles passe l’hiver. Les caisses suivantes sont des hausses, c’est le domaine de l’apiculteur, d’où il tire le miel. Le tout est recouvert d’un couvercle dit couvre-cadre et, pour finir, d’un toit. Le corps et les hausses contiennent des cadres suspendus verticalement, dans lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons. Ces cadres sont mobiles, l’apiculteur pourra les sortir un à un de la ruche. Il pourra les remplacer, les changer de ruche, vérifier l’état de la colonie... Les différents modèles de ruches se distinguent par leurs dimensions et le nombre de cadres.
L’abeille
L’apiculture concerne l’élevage de l’abeille domestique (Apis mellifera). Elle porte aussi d’autres noms comme abeille à miel, mouche à miel, avette... C’est le seul insecte, avec le bombyx du mûrier (ver à soie), qui ait été domestiqué. L’abeille était déjà présente il y quatre millions d’années sur Terre. Des fossiles à l’aspect identique aux abeilles actuelles ont été mis au jour. Cette longévité est le résultat de l’adaptabilité exceptionnelle de cette espèce. Le comportement de l’abeille est sous le contrôle à la fois de facteurs innés et de d’adaptabilité aux conditions d’environnement. L’abeille peut revenir à l’état sauvage lorsqu’elle s’échappe du rucher à l’occasion de l’essaimage, ou devenir domestique à l’occasion de la capture d’un essaim sauvage.
La naissance
L'œuf fécondé est pondu par la reine au fond d’une cellule. Il éclot trois ou quatre jours après la ponte. La larve est d’abord nourrie avec de la gelée royale, liquide sécrété par les glandes nourricières des ouvrières, puis par un mélange de pollen et de miel. Dix jours après la ponte, la larve a fini sa croissance, la cellule est operculée avec de la cire. La larve s’enveloppe d’un cocon. Douze jours plus tard, une jeune abeille sort enfin de sa cellule, elle a sa taille et son aspect définitifs. Trois semaines environ se sont écoulées depuis la ponte.
Ouvrière d'été
gelée royale
Nourrice les dix premiers jours, elle va d’abord s’occuper de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle pourra nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu’elle sécrète. À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.
Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées ; elle participe alors à l’agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, au nettoyage et à la régulation thermique de la ruche, puis à sa protection contre les prédateurs (guêpes notamment) et les voleurs (abeilles étrangères, etc).
Butineuse à partir du vingtième jour jusqu’à la cinquième ou sixième semaine de sa vie, elle va parcourir la campagne dans un rayon de deux kilomètres afin d’approvisionner la ruche en nectar, miellat, pollen, propolis ou en eau. Après quoi, sa vie s’achèvera : en général, une ouvrière meurt d’épuisement pendant un dernier voyage de butinage.
Ouvrière d’hiver
À la fin de l’été, au début de l’automne vont naître des ouvrières qui vont vivre de cinq à six mois, leur corps est plus riche en acide gras. Elles auront à protéger la reine, à maintenir l’essaim qui passera l’hiver à une température de 30 °C, puis, dès le mois de février, préparer l’arrivée des nouvelles générations.
Les faux bourdons
Du printemps au début de l’été, des mâles ou faux bourdons sont produits. Ils proviennent d'œufs non fécondés (ils sont donc haploïdes, leurs cellules ne contenant que n chromosomes au lieu de 2 n). Plus gros que les ouvrières, ils sont dépourvus de dard.
Ils ne participent pas aux travaux de la ruche. Ils ne peuvent pas se nourrir eux même en raison de leur langue trop courte, ils dépendent donc entièrement des ouvrières pour leur nourriture. Ils sortent de la ruche pour se regrouper en des lieux parfois éloignés.
Leur rôle se limite strictement à la fécondation des jeunes reines (vol nuptial). Ceux qui s’accouplent à une reine meurent peu de temps après l’accouplement. Quant aux autres, les ouvrières cessent à la fin de l’été de les nourrir et, de plus en plus affaiblis à mesure que l’automne approche, ils finissent par être impitoyablement rejetés de la ruche et par mourir, épuisés.
La reine
Elle provient d’un œuf fécondé identique à celui de l’ouvrière, pondu dans une cellule spéciale, plus grande, bâtie à côté des rayons. Tout au long de son développement, la larve sera nourrie exclusivement à la gelée royale, ce régime lui permettant de devenir une reine. Elle naîtra seize jours après la ponte, soit cinq jours plus tôt que l’ouvrière.
Il est rare de pouvoir observer une reine à l’extérieur, alors qu’il est relativement facile de la remarquer à l’intérieur d’une ruche : entourée de nombreuses ouvrières qui la protègent et la nourrissent, elle se distingue extérieurement des ouvrières par la plus grande longueur de son abdomen.
Les reines sont produites exclusivement au printemps, soit pour remplacer une reine vieillissante ou malade, soit pour un essaimage (qui n’a lieu que si la colonie est prospère) .
Une semaine après sa naissance, la jeune reine va entreprendre des vols nuptiaux. Elle va rejoindre un point de rassemblement, où se réunissent les mâles du voisinage, assurant ainsi la diversité génétique. Elle va s’accoupler avec plusieurs mâles, en plein vol, jusqu’à ce que sa spermathèque soit remplie. Les mâles qui l’auront fécondé vont tous mourir peu de temps après l’accouplement, leurs organes génitaux ayant été arrachés (leur rôle est terminé). La reine va conserver tout ce sperme dans sa spermathèque et restera ainsi fécondée pour le restant de sa vie (de quatre à cinq ans).
La communication chez les abeilles
La communication revêt une importance particulière chez les insectes sociaux, elle est un facteur de cohésion et de coordination des actions du groupe. Les abeilles communiquent par contacts antennaires, par voie chimique via des phéromones et par des danses.
Communication par contacts antennaires
Communication par les phéromones
Les phéromones de Nasanoff
La glande de Nasanoff est située sur la face dorsale abdominale des abeilles, elle produit une phéromone aux fonctions multiples. Elle sert à marquer l’entrée de la ruche, un lieu intéressant comme une source de nectar, une source d’eau ou un lieu d’arrêt provisoire lors de l’essaimage. Pour diffuser la phéromone, les abeilles exposent leur abdomen et ventilent en battant des ailes. L’odeur de la phéromone guide les autres ouvrières.
Les phéromones royales
La reine émet un nombre important de phéromones ayant un rôle capital dans la vie de la colonie. Elles ont plusieurs origines, on distingue celles produites par les glandes mandibulaires, les glandes abdominales et celles émises par l’extrémité des pattes. La phéromone mandibulaire est constituée de cinq composés qui ne sont actifs qu’ensemble.
La phéromone mandibulaire est répartie sur tout le corps de la reine par contact avec les ouvrières. Elle est rapidement dispersée dans la ruche par échange de nourriture, contact entre individus et par sa volatilité. Le rôle principal de la phéromone mandibulaire est d’inhiber l’élevage royal. Lorsque la reine vieillit, sa production de phéromone mandibulaire diminue ou, lorsqu’elle meurt, les ouvrières construisent des cellules royales en vue de la remplacer.
Communication par danse
phéromone
L’abeille communique la localisation, l’importance et la nature des sources de nectar à travers des danses. Deux cas se présentent : la source se situe dans un rayon de 100 mètres, elle se trouve au delà de cette limite.
Source à moins de 100 mètres
phéromone
Une butineuse de retour à la ruche monte dans les rayons et y bouscule des ouvrières. Elle leur fait goûter le nectar et en sentir le parfum dont elle est imprégnée. Elle décrit alors des cercles concentriques autour d’une cellule. Connaissant ainsi le goût et le parfum du nectar, les autres ouvrières en trouveront rapidement la source, sachant qu’elle est située à moins de 100 mètres, et bien qu’elles n’aient aucune indication sur sa direction.
Source éloignée
phéromone
Dans ce cas l’abeille s’oriente par rapport à la direction du soleil. En plus de ces deux yeux composés, elle dispose sur le haut de la tête de 3 ocelles, se sont des yeux simples, ceux-ci sensibles à la lumière polarisée, permettent de repérer le soleil à travers les nuages.
Sur les rayons la butineuse se comporte comme précédemment mais entreprend une danse différente. Elle commence par décrire un demi-cercle, puis se dirige vers son point de départ en suivant une ligne droite, de retour au point de départ elle refait un demi cercle mais dans l’autre sens, elle reprend à nouveau la même ligne droite, au bout elle reprend le premier demi-cercle et ainsi de suite. Elle décrit ainsi un huit. Lorsqu’elle parcourt la ligne droite elle agite son abdomen à droite et à gauche, elle frétille.
La direction de la ligne droite indique celle de la source de la miellée. Imaginons un cadran avec la ruche au centre, et le soleil placé au-dessus à la verticale. Sur ce cadran, l’abeille se dirige du centre vers la source de nourriture. Si la source de nourriture est dans la direction du soleil, l’abeille va se diriger verticalement de bas en haut sur la ligne droite. Si la source se trouve à 30° à droite par rapport à la direction du soleil, la ligne | | |